Oh, bien sûr, vous avez déjà entendu cela des milliers de fois. Toutes ces personnes qui se dédouanent de leur conduite en parlant de ces voix qui les ont poussés à agir, de ce monstre en eux qu’ils n’ont pu contrôler.
Mais ce n’est pas mon cas. Il n’y a ni voix ni métaphore pour excuser ma conduite. Juste la réalité de cette bête, tapie au fond de moi, qui n’attend qu’un moment de faiblesse pour prendre ma place.
J’ai toujours balayé sa présence, reléguée à un vague malaise d’émotions mal gérées. Jusqu’à ce que je le rencontre. Son odeur intoxicante semble avoir fini par réveiller cette créature, et elle gratte sans relâche contre ma peau et mon esprit, réclamant sa liberté, qu’elle puisse enfin prendre le monde entre ses dents.